
Déposé hier à Ottawa, le Budget 2025 propose un virage vers une économie plus résiliente, plus propre et davantage tournée vers l’international. L’innovation technologique y joue un rôle central, tout comme le renforcement des chaînes agroalimentaires et de la souveraineté alimentaire du pays. L’agriculture et l’agroalimentaire sont explicitement désignés comme des secteurs stratégiques d’exportation, notamment en direction de la région indo-pacifique, identifiée comme critique pour la croissance des marchés canadiens.
Cette orientation s’accompagne d’une volonté marquée d’accélérer la transformation numérique des entreprises, de réduire le coût des investissements technologiques et de soutenir les acteurs capables de commercialiser rapidement leurs innovations. Le gouvernement indique clairement que les fonds publics seront dorénavant concentrés sur les projets générant des retombées économiques et commerciales tangibles.
Certaines initiatives de recherche jugées moins centrales, dont des composantes des Living Labs d’Agricultural Climate Solutions, feront l’objet de réductions à compter de 2026-27, représentant environ 112,2 M$ de compressions. Toutefois, les budgets consacrés aux leviers directement liés à la compétitivité augmentent significativement.
Le soutien à la gestion des risques agricoles atteindra 2,035 G$ (+54,5 M$), soutenant les assurances-récolte, programmes de stabilisation et mesures d’appui en cas de perturbations climatiques ou économiques. En renforçant la sécurité financière des exploitations, le gouvernement réduit le risque associé à l’adoption de nouvelles technologies, ouvrant la voie à plus d’automatisation, de robotisation et de solutions numériques.
Le volet destiné aux marchés domestiques et internationaux passera à 808,9 M$ (+108,1 M$). Cette forte augmentation vise à accélérer l’accès à de nouveaux débouchés, réduire la dépendance envers quelques partenaires commerciaux et favoriser le déploiement de technologies améliorant la compétitivité exportable des entreprises agroalimentaires.
Les investissements en science et innovation atteignent 911,7 M$ (+27,9 M$). Ce financement soutiendra davantage de projets applicables à court et moyen terme, notamment ceux portant sur le rendement horticole, la productivité animale, l’optimisation environnementale et la biodiversité. La priorité est désormais accordée au transfert vers le terrain, aux vitrines technologiques et aux modèles favorisant l’adoption par les entreprises agricoles.
Enfin, 180 M$ (+3,1 M$) sont consacrés à la modernisation administrative, visant l’automatisation des services internes, la réduction de la bureaucratie et un meilleur traitement des programmes, afin de libérer plus de ressources en faveur de l’innovation et des entreprises.
Un investissement de 76 M$ sur cinq ans est accordé à l’Agence canadienne d’inspection des aliments afin de numériser les systèmes de certification export et la traçabilité. Cette modernisation représente un levier essentiel pour fluidifier les transactions internationales, renforcer la confiance des marchés et stimuler l’adoption de solutions technologiques canadiennes en sécurité alimentaire, en cybersécurité et en suivi intelligent des produits.
Une mesure économique majeure du budget consiste en l’instauration d’une déduction immédiate de 100 % de la valeur des investissements destinés à accroître la productivité. Cette super-déduction permet maintenant aux entreprises d’amortir intégralement dès la première année les dépenses liées à :
• des bâtiments destinés à la production et à la transformation
• des équipements et technologies productives
• des actifs numériques, de la propriété intellectuelle et des technologies propres
Cette mesure s’applique aux investissements effectués après le budget et mis en service avant 2030. Elle diminue le coût net des projets de modernisation, encourage la fabrication locale de technologies et place le Canada parmi les environnements fiscaux les plus attractifs du G7 pour investir dans la productivité manufacturière et agricole.
Du côté d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada, les programmes d’innovation seront mieux ciblés sur les projets prêts pour la mise en marché. Les initiatives sans lien clair avec la croissance économique ou la capacité exportatrice seront graduellement moins soutenues. Les technologies propres, l’automatisation industrielle et les solutions d’intelligence numérique seront privilégiées.
Emploi et Développement social Canada investira dans la requalification des travailleurs, l’intégration des talents internationaux et l’émergence de plateformes numériques pour faciliter le jumelage entre besoins industriels et compétences disponibles. L’objectif est de réduire l’un des principaux obstacles actuels à l’innovation dans les secteurs agricoles et technologiques.
Les producteurs agricoles, mieux protégés contre les risques et encouragés à moderniser leurs opérations, sont parmi les principaux bénéficiaires de ce budget. Il en va de même pour les entreprises exportatrices et pour les développeurs de technologies propres offrant des gains directs en efficacité, automatisation et durabilité.
À l’inverse, les initiatives reposant principalement sur des activités scientifiques exploratoires ou dépourvues d’un modèle clair de commercialisation devront s’ajuster pour demeurer compétitives au financement fédéral.
Les entreprises et partenaires qui collaborent avec la Zone Agtech bénéficient déjà d’un positionnement aligné avec ces priorités gouvernementales. L’écosystème s’appuie sur la démonstration technologique en milieu réel, l’adoption locale par les utilisateurs et l’accès aux marchés internationaux, trois axes stratégiques au cœur du plan fédéral.
La Zone Agtech suivra de près l’ouverture des programmes annoncés afin de guider les entreprises dans l’accès à ces leviers de croissance, d’investissement et de mise en marché.