IoT en agriculture : points saillants du Café Agtech animé par Axceta 

L’IoT (Internet des Objets) a profondément transformé le secteur agricole, ouvrant la voie à des pratiques plus intelligentes et efficaces pour les producteurs agricoles.  

Combinant 4 grandes familles - les capteurs, le prétraitement, le stockage et l’intelligence artificielle – l’Internet des objets appliqué au secteur agricole peut permettre aux producteurs de connaître les stocks en temps réel, optimiser la logistique, détecter les maladies, identifier des anomalies, générer des alertes, prévoir les rendements, et bien plus encore.  

Cependant, avec cette révolution technologique viennent aussi des défis et des pièges à éviter. C’est dans ce contexte qu’Axceta, spécialiste en applications IoT, a présenté sa conférence « Plongez au cœur de l’agriculture connectée et développez une approche gagnante pour réussir vos projets IoT » devant un groupe de producteurs, de développeurs, de chercheurs et d’équipementiers membres de la Zone Agtech, tous réunis pour le premier Café Agtech de la saison qui s’est tenu mardi dernier.  

Tour d’horizon de la présentation en 5 points saillants. 

1. Intégrer les frais récurrents dans l’équation 

Les frais liés à l’entretien et à l’exploitation des équipements et des données sont souvent négligés lors de l’intégration d’un système IoT. Alors que l’achat d’un équipement muni de capteurs intégrés peut paraître alléchant, il est souvent plus rentable, selon Axceta, d’intégrer dans l’analyse de rentabilité les frais de remplacement, de ménage de données, d’interconnexion entre les équipements et les frais récurrents d’abonnement. De plus, Axceta ajoute que l’infrastructure IoT devrait toujours être réfléchie en fonction des besoins évolutifs potentiels de l’entreprise agricole afin de faciliter l’inclusion de nouveaux équipements dans le temps, intégrer efficacement les données captées par les différents équipements et réduire les coûts reliés à ces changements. 

2. Décentraliser pour mieux intégrer  

Axceta ajoute qu’une des erreurs à éviter est d’oublier que tous les équipements ont une durée de vie limitée. C’est pourquoi il est recommandé de ne pas stocker les données directement dans les équipements de récolte des informations ou de contrôle, car ceux-ci peuvent briser et devoir être remplacés. Le stockage dans une infrastructure décentralisée indépendante assurera une meilleure intégration entre les données récoltées avant versus après le changement d’équipements et donc, la pérennité du système implanté.  

3. Comprendre et co-créer avec l’utilisateur 

Dans toutes les industries, une des erreurs fréquentes des développeurs de technologies est de ne pas développer la solution en collaboration avec l’utilisateur final. C’est d’autant plus vrai dans le secteur agricole où les équipements et capteurs doivent évoluer dans des environnements complexes, où le froid, la poussière, la force des animaux, la chaleur et l’humidité peuvent affecter le fonctionnement et la durée de vie d’un équipement. À ce titre, Axceta recommande de toujours débuter le développement de sa nouvelle solution en discutant avec les utilisateurs finaux pour bien comprendre leurs besoins, enjeux prioritaires, vision pour le futur et critères de sélection, et en visitant l’environnement dans lequel elle évoluera. Cela permettra d’améliorer le taux de succès de la commercialisation et réduira les coûts d’entretien pour l’utilisateur final. 

4. Ne pas réinventer la roue 

Les systèmes IoT intègrent des équipements et composants tels que des capteurs, des sondes, de puces électroniques, des données et des algorithmes. Si les algorithmes sont difficiles à trouver en libre-utilisation («open source») dans le marché et sont des axes de distinction importants pour les développeurs de technologies, les capteurs, les sondes et les données ne donnent que très peu d’avantages concurrentiels au développeur en plus d’être assez généralement disponibles dans le marché. Il est donc conseillé d’intégrer des composants tangibles («hardware») existants afin de se concentrer entièrement au développement des composants logiciels («software») qui eux génèrent de la valeur à l’entreprise.  

5. Cocréer entre développeurs 

Enfin, il devient de notoriété publique que la capacité des différents systèmes à se parler entre eux deviendra bientôt un facteur critique de succès pour l’évolution de l’industrie des IoT. Alors que le développement d’un langage commun permettra aux développeurs de technologies de faciliter l’intégration de leur technologie aux systèmes du producteur, il permettra à l’utilisateur d’intégrer différentes technologies sans se soucier de savoir si elles peuvent communiquer ensemble pour accroître l’efficacité du système.  

Au même titre, Axceta souligne que la création d’une base de données partagée n’aurait que des bénéfices pour les développeurs et les utilisateurs : les premiers gagnants en rapidité et rentabilité, et les seconds en précision et efficacité des systèmes. Bien qu’il soit encore difficile d’imaginer que les grands équipementiers se lanceront dans cette initiative, cet axe de collaboration n’aurait que des bénéfices pour favoriser le développement des startups et des PMEs du Québec. 

En conclusion, le Café Agtech animé par Axceta a révélé des perspectives fascinantes pour l’avenir de l’IoT dans le secteur agricole. Avec une collaboration et une attention particulière aux pièges à éviter, l’agriculture connectée promet d’apporter des améliorations significatives à l’efficacité, à la durabilité et à la rentabilité de notre agriculture. Cette matinée a été une belle expérience pour l’ensemble des participants et c’est pourquoi nous vous invitons à vous joindre à nous pour le prochain Café Agtech qui se tiendra sous le thème du Programme Innov’agtech le 10 octobre prochain!